La vigne était déjà exploitée lorsque les Grecs
colonisèrent les rives de la Mer Noire, il y a 2.700 ans; certains
vestiges attestent une activité viticole remontant à six millénaires.
Le vignoble roumain, en expansion rapide, occupe actuellement 50.000
hectares pour le raisin de table, et 250.000 hectares dévolus au vin, qui
fournissent 13 millions d'hectolitres.
En dépit de conditions géologiques et climatiques propices à la qualité,
le potentiel de ce vignoble est resté inexploité du fait d'une exportation
trop longtemps tournée vers la seule URSS. Plus de la moitié de la
production est due aux grosses coopératives.
Cépages blancs :
Chardonnay, pinot gris, riesling (il s'agit en fait du riesling italien,
aux résultats médiocres), rülander, sauvignon, et gewurztraminer. Plus
feteasca alba et feteasca regala pour les blancs secs. Et grasa et
tamiioasa (c'est du muscat) pour les blancs doux.
Cépages noirs:
Feteasca neagra, babeasca. Le feteasca neagra à la saveur herbacée peut
donner des vins corsés et conservables une dizaine d'années. Les rouges
roumains sont souvent fortement tanniques. Grâce à la fraîcheur du climat,
les blancs leur sont en général supérieurs en qualité, surtout ceux qui
parviennent à conserver un peu de sucre résiduel.
La Roumanie distingue 8 régions viticoles comprenant 50 appellations.
La classification est un mélange de notions françaises et de
considérations à l'allemande :
- les DOC désignent des vins d'origine contrôlée (en français VSO : vins
de qualité supérieure avec mention d'origine);
- les DOCC sont les meilleurs vins, auxquels on attribue des niveau de
qualité selon la maturité du raisin (en français, cela donne VSOC : vins
de qualité supérieure avec mention d'origine et degré de qualité); parmi
les DOCC, les raisins ayant atteint une pleine maturité reçoivent le label
DOCC-CMD; ceux de vendange tardive sont étiquetés DOCC-CT, et les
botrytisés DOCC-CIB.
Principaux vignobles:
Collines de Murfatlar :
Il s'agit, au centre de la Dobroudja, du vignoble le plus prometteur de
Roumanie. L'encépagement (2.000 ha) est dû aux chardonnay, pinot noir,
cabernet sauvignon, pinot gris, et muscat Ottonel.
Parmi ses vins, Murfatlar se flatte de produire le meilleur vin de dessert
roumain. De couleur vieil or, titrant de 16 à 18%vol, il présente un léger
bouquet de fleur d'oranger et un goût de miel.
En Munténie (nord-est de Bucarest), le vignoble de Dealulmare
(15.000 ha) emploie les cabernet sauvignon, pinot noir, merlot,
feteasca alba, riesling italien, tamiioasa, et muscat Ottonel, pour
produire les vins préférés des Roumains. En particulier les rouges de
pinot noir et de cabernet sauvignon de la vallée du Calugareasca, des vin
un peu lourds et puissants, on serait tenté de dire sauvages.
Olténie :
La vallée de l'Olt, qui descend des Alpes de Transsylvanie pour se jeter
dans le Danube, donne sur sa rive gauche un blanc réputé : le Dragasani.
Et sur sa rive droite, du cabernet sauvignon : le Samburesti.
Tarnave :
Au centre de la Roumanie, les rives du Tarnave, encépagées en sauvignon,
feteasca, pinot gris, riesling italien, traminer, et muscat Ottonel,
produisent divers types de blancs, secs, demi-secs, ou doux. Le "Perle de
Tarnave" est issu de feteasca.
Moldavie :
C'est le vignoble le plus vaste de Roumanie, occupant des sols divers,
soumis à des conditions climatiques variées selon les endroits, et
produisant donc plusieurs types de vins :
- Le vignoble de Cotnari emploie principalement le cépage grasa
apparenté au furmint, facilement sujet à la pourriture noble, plus du
feteasca alba, et du tamaiioasa. Le Cotnari est un vin de dessert
obtenu par passerillage, voire botrytisé les bonnes années, fermenté et
élevé pendant quelques années en fût de chêne. Ce blanc doux léger (13 à
15%vol) au goût de miel, contient au moins 50 grammes de sucre résiduel et
vieillit très bien.
Cotesti : rouges de
pinot noir et cabernet sauvignon; bons blancs de feteasca, riesling, et
muscat;
Nicoresti : rouges de
babeasca, de feteasca negra, et aussi de merlot;
Odobesti : blancs de
feteasca, muscat Ottonel, et aligoté;
Panciu : blancs frais.
Vignoble du Banat :
ce vignoble a Timisoara pour capitale. La partie du vignoble située dans
la plaine fournit des blancs médiocres; en revanche, les terrasses
pierreuses produisent un bon rouge : le Kadarka.




Vins et vignobles de Roumanie
Adresse de la page :
http://www.cam.org/~invino/vignoble.htm
Extrait du site : " La Roumanie est un pays viticole
depuis l'Antiquité. Il y avait des vignobles en
Dobroudja avant même que les Grecs aient fondé leurs
colonies de l'Helespont (mer Noire) au début du 7e siècle avant J. C.
Au flanc des contreforts des Carpates, il existait de vastes plantations
de vignes, que ce soit dans la région de Cotnari, de
Focsani (Cotesti, Odobesti, Panciu) ou dans celle de
Dealul Mare.
L'extension des vignobles sur presque toute la surface du
pays est due en partie au fait que son relief est constitué
de coteaux en pente douce, bien exposés au soleil et
à l'abri des intempéries. Très divers, les sols
conviennent à cette culture.
Dans les années 1960, la Roumanie est devenue le cinquième
plus gros producteur de vin d'Europe. Le développement de
cette industrie a été freiné, voire mis en péril par
les suites des bouleversements de 1989.
Cependant, à l'occasion de notre dernier voyage d'exploration effectué en
février 1997, au cours duquel nous
avons visité pas moins de six vignobles en Dobroudja et en
Moldavie, nous avons été à même de constater que de sérieux
efforts sont actuellement entrepris pour renouer
avec le volume et la qualité de production d'avant
les communistes. L'industrie viticole connaîtra
certainement un important essor dans les prochaines années.
Nous avons pu nous rendre compte nous-même du climat qui
prévaut actuellement chez les producteurs de vins roumains.
Les dirigeants travaillent tous à améliorer leurs
vins et à les rendre plus conformes au goût
international... "
Adresse de la page :
http://roumanie.com/magazine/economie/no13/murfatla.htm
Extrait du site : " Murfatlar, vignobles de grand
prestige Roumain, situées au centre du plateau de la
Dobrodja, bénéficient d'un climat généreux et ont la chance
de donner des vins naturels, sucrés, remarquables,
certifiés par des professionnels, récompensés avec
de nombreuses médailles d'or aux concours
internationaux (Barcelone, Budapest, Yalta, Ljubljana, Montpellier, New
York, Sophia, Tbilissi, Vienne, Bucarest, etc.).
La tradition millénaire des vignobles de la Dobroudja, attestée aussi
par les objets exposés au Musée du Vin du Centre de
vinification de la société, se retrouve maintenant
dans le bassin viticole de Murfatlar, au début du XX
e siècle (1907) lorsqu'on a créé les dernières plantations avec
des variétés de vigne greffées (suite au désastre
phylloxérique de 1884), dont on a pu remarquer
Chardonnay, Pinot gris et Pinot noir.
L'organisation de la Station de recherches viticoles de Murfatlar en
1927 a permis de développer et d'enrichir l'assortiment
avec d'autres variétés de valeur à savoir Sauvignon
blanc, Muscat Ottonel, Traminer, Riesling italien,
Cabernet Sauvignon et Merlot.
Les vignobles de Murfatlar devinrent plus consolidés à partir de 1955,
par la création de l'Entreprise d'Etat Murfatlar, à
caractère viti-vinicole et qui représente à présent
environ 1800 hectares de plantations viticoles.
Le Centre viticole de Murfatlar comprend l'aire viticole qui existe dans
la région des localités Basarabi, Valul lui Traian, Poarta
Alba, Siminoc, Valea Dacilor, soit 3.000 hectares de
plantations viticoles... "
Site d'accueil :
http://roumanie.com/magazine/index.htm
La Roumanie,
royaume des vins
Document Office National du Tourisme de Roumanie
La Roumanie se trouve parmi les premiers pays
viticoles du monde. Rien de plus naturel. La culture de la vigne –
soutiennent les spécialistes, en invoquant des arguments des plus divers –
a fait, au long des millénaires, une chronique incitante sur l’actuel
territoire de la Roumanie. Plusieurs sources antiques nous apprennent que
la vigne et, certes, le vin, ont joui d’une grande attention parmi les
Daces, les ancêtres des Roumains. Peut-être une attention trop grande,
puisque Burebista (82-44 av. J. Ch.) a dû apparemment ordonner que la
plante de Bacchus soit arrachée sur de larges surfaces de terrain. Dans sa
«Géographie», Strabon, contemporain du roi dace, écrit « ...en signe de
soumission, les Gètes se sont laissés convaincre de couper la vigne et de
vivre sans vin ». Il est, quand même, difficile de croire que les Daces -
qui « buvaient du vin absolument non mélangé avec de l’eau » et qui de
surcroît, « le répandaient sur leurs vêtements, s’imaginant que c’était
une belle habitude, porteuse de bonheur » - ont suivi si rapidement la
mesure draconienne dictée par Burebista, quel qu’eût été le zèle fourni,
à la fois, par Décénée, son grand prêtre, qui connaissait « certains
présages à l’aide desquels il déchiffrait les volontés de la divinité ».
Il y a assez d’arguments qui prouvent que la décision de Burebista n’a pas
eu trop de chances de succès. Certes, le contemporain de César –
l’empereur romain était en train de préparer un plan d’attaque contre la
Dacie – souhaitait que ses guerriers restent en permanence en éveil. Il se
rendait compte aussi, sans doute, de la capacité de courage et de prouesse
que pouvait déclencher sur le champ de bataille une coupe de vin... La
mort imprévue de Burebista – tout comme celle de César, d’ailleurs – est
un signe que tout est plus ou moins resté au stade de projet. Ensuite, la
vigne ne signifie pas que le vin, mais aussi les raisins, un aliment de
haute valeur nutritive et même curative. D’autre part, certains termes en
roumain – strugure (raisin), butuc (cep de vigne), curpen (sarment) – sont
des mots d’origine dace, de même que les fameuses serpes utilisées dans
les travaux viticoles, ce qui dénote l’existence d’une réalité qui ne
pouvait vivre de souvenirs... Parmi les impressionnants trophées enlevés
par l’empereur Trajan, après la victoire emportée sur les Daces, il y a eu
aussi la corne de bison parée d’or, qui a appartenu au roi Décébale qui se
suicida en 106 ap. J. Ch., afin d’éviter de tomber vif dans les mains des
conquérants romains. D’ailleurs, la monnaie même „Dacia Felix”, émise par
le même empereur en 112, afin de prôner sa victoire sur les Daces,
représente aussi, à coté des épis de blé, une grappe de raisin, symbole
des principales richesses de la nouvelle province comprise aux confins de
l’Empire Romain. En parlant de cette période, le savant Vasile Pârvan
notait: « Pendant tout ce temps-là, la viticulture est devenue la
principale occupation, représentant le fondement même de l’existence des
Daco-Romains dans les régions sous carpatiques ».
Naturellement, la plupart des termes
qui s’utilisent dans ce domaine, tels que vie (vignoble), viţă (vigne),
must (moût), vin (vin), călcător (presse) sont d’origine latine. Vu que
nous sommes un peuple chrétien, le vin – « le sang de Christ » -, a été
depuis toujours un des « éléments » présents dans les moments importants
de la vie, à partir du baptême jusqu’aux funérailles.
Burebista a-t-il vraiment détruit, même partiellement, les vignobles des
Daces? C’est une énigme qui ne sera peut-être jamais résolue. Ce qui est
certain, c’est qu’au 2ème millénaire, les voïvodes qui sont
montés sur les trônes des trois provinces roumaines ont fait du vignoble
et du vin un véritable blason de leur règne. Au cours des siècles, en
Moldavie et en Valachie, l’échanson – celui qui était chargé de remplir de
vin la coupe du prince régnant lors des banquets, tout comme lors des
autres cérémonies – représentait une des dignités les plus importantes au
niveau de l’Etat. A la Cour princière, de même que dans les maisons des
boyards – certaines peuvent être visitées encore aujourd’hui – on buvait
des vins âgés et frais, de la plus haute qualité, en grande majorité des
variétés autochtones. Nombreux invités des voïvodes, tout comme les
chroniqueurs de cette époque-là, ont laissé des notes savoureuses sur la
richesse des repas et la consommation inhabituelle de vins, sur le
pittoresque de certains rituels qui ont persisté de nos jours.
a vendange a toujours été une grande fête chez les Roumains. A cette
occasion, on décalait des combats et on temporisait des affaires urgentes
à la Cour et les voïvodes campaient au milieu des vignobles et les petits
orchestres folkloriques jouaient toute la sainte journée. Les cris de joie
annonçaient la « naissance » du moût, dans des cuves en bois de chêne,
après que les hommes eurent foulé les raisins. Un rituel archaïque, plein
de poésie, qu’on peut encore voir aujourd’hui dans quelques caves,
souvent organisé pour le divertissement des touristes. Sans aucune
exception, tous les princes régnants ont possédé des vignobles étendus. Le
vin - un produit d’export très apprécié– était envoyé en Russie, en
Pologne, en Hongrie et en Autriche, et dans bien d’autres pays. A la fois,
les vignobles, dans leur ensemble, représentaient une importante source de
revenus pour le trésor du pays, et jouissaient, pour cette raison aussi,
d’une attention spéciale. Les plus remarquables voïvodes - Radu I, Petru
Muşat, Mircea cel Bătrân, Alexandru cel Bun, Ştefan cel Mare ou Petru
Rareş à Mihai Viteazul, Matei Basarab ou Constantin Brâncoveanu – ont eu
leurs noms à jamais associés aux vignobles auxquels ils se sont attachés
comme à de précieux édifices de leur règne. On ne peut, par exemple,
parler de Cotnari sans penser immédiatement au plus fameux voïvode de
la Moldavie, Ştefan cel Mare, dont on va bientôt commémorer les 500 ans
de sa mort. D’ailleurs, nous détenons certaines des informations les plus
importantes sur les vignobles et les vins de cette province grâce au
prince érudit Dimitri Cantemir, auteur de l’ouvrage bien connu „Descriptio
Moldaviae”, écrit, au début du XVIII-ème siècle, à la demande de
l’Académie de Berlin. Retenons ici un détail édificateur pour ce que
représentait la viticulture non seulement dans cette période-là, mais pour
tout le Moyen Age roumain: « Toutes les autres richesses de la terre sont
dépassées par les vignobles remarquables, qui s’étendent sur une longue
bande de terre entre Cotnari et le Danube ». Les vestiges des cours
voïevodales, les manoirs princiers, les greniers et les caves profondes –
nombre d’entre elles appartenant à de vieux monastères et églises,
édifices de ces mêmes têtes couronnées – sont aujourd’hui parmi les
attractions touristiques les plus intéressantes sur la route des
vignobles et des vins roumains.
Au cours des siècles du 2ème
millénaire, les voyageurs étrangers, parcourant les provinces roumaines,
ont laissé de nombreuses notes intéressantes sur l’étendue des vignobles
et la qualité des vins qu’ils ont connus. Dans un ouvrage paru à Vienne,
vers 1541, Georgius Reichersdorffer, par exemple, ne pouvait contenir son
admiration pour la Moldavie, dont les terres « offrent du vin et de la
nourriture à foison ». A son tour, Charles de Joppecourt notait, vers
1620: « On voit encore dans ce pays de très jolies collines tellement
riches en vins, que ce n’est pas seulement la Moldavie qui s’en rassasie,
mais ils sont transportés aussi en Pologne et dans d’autres pays
voisins ». Le consul autrichien Raicevich ne pouvait lui non plus se
montrer, vers 1788, avare de louanges: « La colline célèbre en Moldavie
est celle d’Odobeşti, qui produit un vin similaire au champagne qui est
transporté en Russie. Le vignoble, si utile pour son produit, mérite de se
classer ici en première position, aussi bien pour les grandes quantités
qu’il produit, que pour l’excellente qualité de ses vins ».
« Les vins de Piatra, Sakoeni et Râmnic - notait S. Béllanger, dans un
écrit paru à Paris, en 1846 – ont une telle qualité qui les rend très
similaires à ceux de Vouvray. Jaunes topaze... » Mais non seulement les
vins des vignes qui forment le vignoble de Dealu Mare, de la Valachie, ont
déclenché l’enthousiasme des visiteurs étrangers, mais aussi ceux de
Ştefăneşti, Drăgăşani, Sâmbureşti, Şegarcea ou Corcova. N’oublions pas
que, vers 1173, les vins de Transylvanie jouissaient d’une telle
appréciation dans le Duché de Venise, qu’ils bénéficiaient du privilège
d’être exemptés de certaines taxes, pour employer une expression actuelle.
Un ravac (vin de première cuvée) de Furmint, obtenu d’un vignoble près
d’Alba Iulia, recevait, en 1883, les plus nombreuses appréciations à la
Compétition internationale des vins de Vienne.
Nous ne pouvons conclure sans invoquer le poète des amours doux, Publius
Ovide Naso, exilé dans le Tomis dobroudjan où il allait finir son voyage
sur la terre, vers l’an 17 ap. J. Ch. Contemporain de Christ. Il allait
lui aussi être enchanté par les festivités consacrées à Bacchus –
peut-être aussi à la déité locale Sabazios: C’est le jour, que je n’aie
tors,/O, Bacchus, où les poètes te prônent toi aussi!/Couronnes embaumées
te posent sur le front/Et louanges te chantent, les coupes à la main.
La
Moldavie
Apparemment modelée par Bacchus lui-même, la terre
moldave a toujours été un berceau heureux pour la vigne. La province, avec
ses nuances patriarcales, est célèbre pour l’hospitalité de ses habitants,
pour ses excellents vignerons et ses conteurs exceptionnels. Un voyage à
travers les vignobles et les caves de la Moldavie – un tiers de la
superficie viticole de la Roumanie se trouvant dans cette partie du pays –
vous fournit l’occasion non seulement de découvrir des vins remarquables,
mais aussi d’expérimenter une appétissante rencontre avec de fabuleux
plats traditionnels.
Cotnari
Cotnari a toujours fait la renommée de la Moldavie,
et pas seulement. Il n’y a pas d’autre vignoble roumain dont on a tant
écrit. Des chroniqueurs et des poètes, des princes régnants et des
historiens, des romanciers et des peintres ont rivalisé, le long des
siècles, pour en faire les louanges. Le vignoble remonte à plus de sept
siècles, atteignant son apogée pendant le règne de Ştefan cel Mare
(1457-1504). Ce fameux prince régnant a pris un soin particulier des
vignobles de cette contrée, les vins de Cotnari étant envoyés dans de
nombreuses parties de l’Europe, y compris à Venise où vivait son médecin
traitant. Au début du XVIII-ème siècle, dans « Descriptio Moldaviae »,
Dimitrie Cantemir n’hésite à aucun moment à écrire: « Le vin le plus
distingué est produit à Cotnari, une bourgade de la région de Hârlău...
j’ose le considérer plus distingué et meilleur que d’autres vins européens
et même que le vin de Tokay... » Vers 1886, dans un ouvrage publié à
Leipzig, le célèbre œnologue allemand W. Hamm, qui avait dégusté le vin
« Fleur de Cotnari », le millésime 1845, écrivait: « En 1868, ce vin se
trouvait encore parfaitement sain, extrêmement passionné, fort et
aromatique, ressemblant à des vins secs espagnols, tel le Malaga ». Qui
donc serait étonné qu’à l’Exposition Universelle de Paris, en 1889, le vin
de Cotnari ait gagné le grand prix?
Dans le Cotnari actuel – chose plus rare pour les vignobles roumains – on
produit des vins provenant de variétés exclusivement autochtones. Grasa de
Cotnari – le roi des vins roumains – est onctueux, a des éclats de vieil
or, un goût de miel et d’amande amère. Il est destiné aux desserts,
accompagnant avec délicatesse les gâteaux et les tartes. Tămâioasa
românească (le Muscat roumain) est aussi une variété douce, plein de
bouquets, propre pour des tête-à-tête, à la fin du repas. A part ces deux
variétés, Feteasca blanche et Frâncuşa – des vins blancs qui gardent le
goût et la fraîcheur du raisin – sont d’excellents compagnons à de
nombreux plats –rôti succulent, poisson, sarmale (boulettes de viande
hachée enveloppées dans des feuilles de vigne).
Bucium
Iasi, la dernière capitale de la Moldavie, vous
donne la sensation qu’à quelque endroit où vos pas vous mènent, on se
trouve dans un immense musée de plein air. On marche doucement, de
crainte de ne pas éveiller les échos et les souvenirs des rues parcourues
le long des siècles par d’illustres personnalités de la culture et de la
politique roumaine: Ştefan cel Mare, Dimitrie Cantemir et Ion Neculce, Al.
I. Cuza et Vasile Alecsandri, Mihail Kogălniceanu et A.D. Xenopol, Mihai
Eminescu et Ion Creangă, Nicolae Iorga ou Mihail Sadoveanu. Les vestiges
de la Cour princière, le Palais de la Culture, qui abrite plusieurs
musées, les églises la Saint Nicolae (Domnesc) ou de celle des « Trois
Hiérarques » (Trei Ierarhi), avec une extraordinaire ornementation en
pierre, ne sont que quelques uns des lieux recherchés par tous les
touristes qui arrivent dans la ville aux sept collines. Presque toutes
ces collines sont recouvertes d’infinies rangées de vigne. Le vignoble de
Bucium se trouve, dans une large mesure, sur la colline qui garde l’entrée
de Iasi, du coté de Vaslui. Les variétés représentatives de Bucium portent
les noms de Riesling, Fetească blanche, Aligoté, Muscat Ottonel. Feteasca
blanche, une vieille variété roumaine, est en quelque sorte pétulante dans
le verre, et, depuis presque ses débuts, est inhabituellement veloutée.
C’est ici, à Bucium – où il y a, tout comme à Cotnari, un musée de la
vigne très intéressant et une salle de dégustation où se trouve aussi une
fresque allégorique ... mousseuse – qu’on produit aussi un vin mousseux
apprécié, obtenu du ravac de Muscat Ottonel, suave et fin, avec un
pétillement à la mesure des grandes fêtes qu’il il ne faut pas manquer.
Huşi
Depuis la cime de Dobrina, Huşi se montre au
voyageur dans toute sa splendeur: quatre collines chargées de vignobles.
Aux heures automnales, incroyablement coloriées, la vue est d’une beauté
troublante. Le vignoble a des racines profondes dans cette contrée tout
près de la rivière Prut. Huşi a été, jadis, une cour princière – il y a
une place qui garde le nom de « Cerdacul lui Vodă » (« Le pavillon du
voïvode »), de nombreux voïvodes ayant eu des vignes dans ce vignoble.
Dimitrie Cantemir, né dans cette contrée, nous a aussi laissé des notes
sur les sortes de liqueurs qu’on y faisait: immédiatement après Cotnari,
« le vin de Huşi, dans la région de Fălciu, est considéré le meilleur ».
L’actuelle renommée de ce vignoble est due surtout à deux variétés
autochtones, dont on a écrit bien des lignes sur leurs vertus: Busuioaca
de Bohotin et Zghihara de Huşi. Si la remuante Zghihara, blanche et
diaphane, bouillonnant dans le verre telle une lionne qui se tortille en
cage, peut être un compagnon de tous les jours, on doit réserver les
dimanches au Busuioaca de Bohotin. Ce vin a une couleur rosée et n’a pas
de pareil en matière de bouquet et de finesse, destiné à entrer en scène à
la fin du repas, en accompagnement du dessert.
Panciu
Quelques décennies auparavant, un chasseur, à
l’affût d’un renard blessé, est tombé sur sa tanière. Et quelle tanière:
plus de 2.000 m de souterrains. Ceux-ci remontent, paraît-il, aux temps de
Ştefan cel Mare. Aménagées, les impressionnantes galeries médiévales de
Valea Cerbului – auxquelles on en a ajouté d’autres, plus neuves et plus
étendues – sont, depuis très longtemps, la « tanière » de piles de
bouteilles de champagne, Panciu est un nom très réputé dans ce domaine.
Rien d’étonnant. La matière première provient de Feteasca blanche,
Feteasca royale et du Riesling italien. La personnalité d’un champagne –
la pétulance, la souplesse, la noblesse, le goût – dépend de la qualité du
vin employé. Quiconque arrive dans le vignoble de Panciu connaîtra aussi,
sans doute, Băbeasca noire, une variété indigène, avec une corpulence et
une consistance veloutée particulières, qui vous donne la sensation d’un
vin plein et chaleureux. Si jeune, Băbeasca noire garde la fraîcheur et
l’arôme des raisins, plus âgé, ce vin parfait sa finesse, et le bouquet
caractéristique de cette variété acquiert un raffinement qui ne peut être
confondu.
Ici, en Vrancea, les princes régnants et les boyards ont toujours eu de
vastes superficies de vignobles, puisque cette contrée est
particulièrement favorable à la culture de la vigne aussi bien à Odobeşti
– fameuse pour la variété « Galbena de Odobeşti » -, qu’à Coteşti, avec de
remarquables vins rouges, parmi lesquelles Feteasca noire et Merlot.
Ajoutons qu’au sud de la Moldavie se trouve également Nicoreşti, lui
aussi avec une excellente renommée, comme tout autre vignoble princier...
La Valachie
Si les vignobles voïvodaux de la Moldavie
excellent premièrement par de vieilles variétés roumaines, certaines
d’entre elles introuvables dans d’autres pays du monde, la Valachie
détient l’« artillerie lourde », comme on surnomme les vins rouges de
grande classe. Cela ne signifie pas que les variétés blanches ou parfumées
n’atteignent pas, dans les vignobles de cette province, des performances
organoleptiques qui ont déterminé les spécialistes à les déclarer de
véritables chefs-d’œuvre dans ce domaine. De Pietroasele, avec un
Tămâioasă românească (Muscat roumain) d’exception, et jusqu’à Segarcea
Olteniei, Vânju Mare et au vignoble Dealul Viilor, tout près du Danube et
de Drobetq-Turnu Severin, Bacchus a développé un ensorcelant royaume, de
plus de 100.000 hectares...
Dealu Mare, qui s’étend sur une bande de terre de plus de
60 Km, avec des largeurs comprises entre 3 et 12 Km, est le « massif »
viticole le plus compact de la Roumanie. A Urlaţi, Valea Vălugărească et
Tohani, on obtient un des meilleurs vins rouges. Et non seulement de la
Roumanie. La « star » du vignoble s’appelle Feteasca noire. Le département
de Prahova, sur le territoire duquel s’étend le vignoble Dealu Mare,
déploie, en partenariat avec le Ministère du Tourisme, le programme
touristique « La route des vins ».
Tohani
Le bon vin est un fascinant ami de l’amour. Et vice
versa! Le récent essor de Tohani s’appuie sur une belle histoire d’amour
entre Prince Nicolae, qui y avait un domaine, et la belle Dolette, qui ne
descendait pas d’une famille noble . Entre les privilèges qui découlait de
son titre et l’élue de son cœur, Prince Nicolae choisit l’amour, et le
mariage morganatique fut célébré dans cette même église de Tohani dans la
période entre les deux guerres.
De nos jours, les vins des Domaines de Tohani – « le Domaine du Prince
Nicolae » portent les effigies de cette histoire légendaire: la couronne,
le titre et le nom. Princiar (Princier) – le premier vin qui vous ennoblit
– il est corpulent, épais, avec un degré élevé et provient des variétés
Busuioacă de Tohani, Pinot noir, Cabernet Sauvignon et, naturellement
Feteasca noire. La marque Dolette - mystérieuse comme une femme qui chérit
le charme de l’amour - est maintenue par les variétés de Feteasca noire,
Merlot, Negru de Tohani, Riesling italien, Sauvignon blanc, Muscat Ottonel.
Dans tout cela, on remarque les vertus absolument spéciales de ces
liqueurs, grâce, non seulement aux dernières méthodes de vinification,
mais à l’obtention des vins à partir de raisins desséchés. Non multa, sed
multum...
Urlaţi
Le célèbre prince de l’or, comme on a surnommé
Constantin Brâncoveanu, a eu aussi un vignoble dans cette région. Le
manoir princier, qu’il a fait ériger peu de temps avant sa mort tragique,
existe encore de nos jours. La « princesse » des vignobles de cette
contrée s’appelle Feteasca noire. La dégustation inclura aussi d’autres
vins rouges - Cabernet Sauvignon, Merlot, Pinot noir -, tout comme on ne
peut pas se passer de cépages blancs, avec des qualités également
respectables, qu’il s’agisse de la royale Feteasca blanche, du Riesling ou
du Muscat Ottonel. La couronne revient, par conséquent, à la « reine » de
ce vignoble, la variété Feteasca noire. Son goût évoque des mûres,
auxquelles elle a aussi emprunté la couleur, elle a une concentration d’à
peu près 12-12,5 degrés, une certaine lascivité dans le verre, et ses
charmes et vertus augmentent au fur et à mesure qu’elle mûrit. Après être
restée à 5-6 ans en fûts de chêne, elle acquiert une personnalité
infaillible, une harmonie qui la rend semblable à un ...cheval sauvage,
qu’il est presque impossible de tenir en bride. Ce n’est qu’un faisan
grillé, par exemple, ou d’autres gibiers qui puissent la « dompter ».
Valea Călugărească
Le vignoble Dealu Mare se montre, dans une bonne
mesure, comme une succession de vallées. Un ermitage – et peut-être aussi
le talent spécial des moines dans la préparation du vin – allait donner
son nom à un établissement qui allait devenir un symbole de la viticulture
roumaine: Valea Călugărească. Le porte drapeau du vignoble est le Cabernet
Sauvignon. Ceux qui sont familiers avec sa personnalité l’appellent
l’artillerie lourde des vins. Et cela, en comparaison avec les vins
blancs, « sorte d’infanterie », qui subit tout le « poids » des réunions
amicales. Dans la deuxième partie du repas, lorsqu’il fait son entrée, le
Cabernet décide – avec maîtrise, aisance et, non pas dernièrement,
solennité – le sort de tout combat. C’est un vin corpulent, d’une couleur
intense, et le goût garde avec fidélité – et après un vieillissement
normal – la fraîcheur des raisins desquels il est issu. Un véritable ami,
sur lequel on peut compter en cas d’ennui et de joie...
Ştefăneşti
Depuis l’époque de Mircea cel Bătrân, Matei Basarab,
Constantin Brâncoveanu et jusqu’aux temps de la dynastie Brătianu – une
des familles de politiciens les plus importantes de la Roumanie moderne –
le vignoble de Ştefăneşti-Argeş a « écrit », au long des siècles, une
glorieuse chronique viticole. On a souvent dit que la Vallée d’Argeş, avec
ses collines recouvertes des vignobles de Ştefăneşti, Florica et Izvorani,
n’est pas du tout moins enchanteresse que la vallée de la Moselle. Il
existe aussi une légende qui raconte que les fabuleuses richesses de
Brâncoveanu ont été enterrées dans les collines de cette contrée... C’est
dans ces véritables porches chromatiques, envahis dans de suaves brises
automnales de basilic que naît le célèbre Tămâioasă românească (Muscat
roumain). C’est un vin doux, au bouquet d’abricot et de baumier, et en
vieillissant, la couleur jaune paille devient jaune orange, de sorte qu’on
éprouve la rare sensation d’avoir des éclairs de vieil or dans son verre.
Ce qui n’est pas complètement faux...
Drăgăşani
Parmi les innombrables dons qui embellissent à
foison les terres fertiles d’ Oltenie, la vigne a déterminé le grand
encyclopédiste B.P. Hasdeu, bon connaisseur en ce domaine, à affirmer que
« les Roumains ont toujours été, sans aucune interruption, suite à la
colonisation romaine, une nation vinicole avant tout ». Sâmbureşti,
Corcova, Vânju Mare sont des vignobles qui donnent de redoutables vins
rouges. Les vignobles de Drăgăşani sont d’origine princière, la réputation
des liqueurs de cette région a été confirmée aussi à de nombreuses
compétitions et expositions internationales, où ils ont toujours été
médaillés. C’est ce qui s’est passé, par exemple, à Paris - en 1867 et
1900, à Bordeaux - en 1898, à Milan - en 1908, à Gand - en 1912, sans
parler des prix reçus dans la période d’entre les guerres ou après la
guerre. Traditionnellement, les vins de Drăgăşani étaient obtenus, jusqu’à
l’épidémie de phylloxera vers la fin du XIX - ème, à partir de vieilles
variétés autochtones - Gordan, Crâmpoşie, Braghină, Tămâioasă românească
(Muscat roumain). C’est une renommée particulière dont a joui, au long des
siècles, « Tulburelul de Drăgăşani », un coupage de ces variétés,
ingénieusement proportionné. Dans la structure actuelle du vignoble on
retrouve surtout des variétés bien cotées dans la viticulture européenne,
aussi bien blanches, que rouges, les lieux étant également favorables
autant pour les unes que pour les autres. Un Sauvignon de Drăgăşani - vin
demi sec, à potentiel alcoolique pondéré et à l’arôme précoce, dans les
effluves duquel on sent le pollen de la fleur de vigne – « vous apprend
lui-même comment le siroter, lentement, vous contraignant de le regarder
et d’attendre qu’il vous invite à nouveau ».
Banat
Au début du XIX-ème siècle, les vins des vignobles
de Banat jouissaient d’une grande renommée, déjà à la Cour impériale de
Vienne. Cette contrée a une caractéristique en quelque sorte spéciale,
déterminée, premièrement, par la diversité du relief. On parcourt les
vignobles en « escaladant » des collines d’une hauteur respectable, tels
Recaş ou Tirol, mais aussi des plantations au beau milieu des plaines, sur
des terrains sablonneux, comme celles de Teremia Mare et Tomnatic. Enfin,
le vignoble Silagiu-Buziaş (où se trouve aussi la célèbre station balnéo-
climatique de Buziaş), s’étend au carrefour de la plaine et des collines
qui précèdent les montagnes de Banat.
Recaş
A deux pas de Timişoara, s’étendent les vignobles de
Recaş, toponyme signifiant « le village au milieu des eaux ». Les vraies
rivières sont quand même celles qui coulent, en automne, en bas des
collines, portant les noms de Cabernet Sauvignon, Burgund Mare, Merlot,
Cadarcă ou Riesling italien, Feteasca royale, Creaţă. Il est plus que
certain que vous n’avez jamais entendu parler de Creaţa jaune, une
variété autochtone, avec de gros raisins croquants, qui donnent un vin au
bouquet agréable, envoûtant, sec voire demi sec, allègre dans le verre.
Ainsi, telle une fille avec laquelle on s’enfuit au bout du monde dès que
vos regards se sont croisés...
La Transylvanie
C’est la province roumaine où l’on parachève les
vins les plus « parfumés, agréables et légers ». Les Transylvains – parmi
lesquelles les Saxons ont apporté leur contribution spéciale – sont non
seulement d’inégalables artisans dans la « naissance » et l’« éducation »
de ces liqueurs, mais aussi de sophistiqués producteurs d’alcools double
raffinés, appelés vinars, pălincă, horincă, răchie (variétés de brandys).
Ceux-ci sont obtenus à partir de fruits, notamment prunes, pommes, poires
qui sont gardés pour le vieillissement dans de petits tonneaux en bois de
mûrier, acquérant une couleur dorée, une concentration alcoolique avec
laquelle il est difficile de se mesurer et au goût qui rivalise souvent
avec le whisky.
Miniş
Les vignobles d’Arad peuvent être considérés comme
un préambule aux vignobles de la Transylvanie. Ils recouvrent les
collines qui confinent sur la partie ouest des montagnes de Zarand, entre
Lipova et Pâncota, sur une longueur d’environ 50 Km. Les repères de ces
plantations s’appellent Păuliş et Ghioroc, Cuvin et Covăsinţ, Şiria ou
Măderat. La « star » de la région, et pas seulement, est le vignoble de
Miniş, depuis longtemps déjà. Car en 1862, à la foire des vins à Londres,
Roşu de Miniş gagnait le grand prix! Rien d’étonnant: plus d’un siècle
auparavant, les vins de Miniş – qui rivalisaient « avec les vins les plus
chers de l’étranger en rang et en renommée » - étaient exportés en
Angleterre, en Suède, aux Pays Bas, en Allemagne, en Suisse et même en
Amérique. Dans la panoplie de ce vignoble, le Cabernet Sauvignon, le
Merlot ou le Pinot noir sont des vins habituels, ne nous référant qu’aux
vins rouges -, Cadarca, une variété indigène, occupe une place
privilégiée. Il a une couleur rouge rubis, une consistance fine, comme
une tentation, mais assez fort, avec un goût provocateur d’herbes et de
clous de girofle. Cadarca n’est pas une superstar, mais on ne peut jamais
l’oublier...
Alba Iulia
Dans les murs de la Forteresse médiévale d’Alba
Iulia on découvrait par accident en 1968, plusieurs galeries, parfaites
pour y aménager des caves destinées à la production du vin mousseux type
champagne, au stockage du vin pour son vieillissement, une vinothèque ou
une salle de dégustation. Tout cela est apparu rapidement et Alba Iulia –
où la vigne a ses racines profondes - a procuré une attraction
supplémentaire pour les touristes qui parcouraient ses routes. Dans ce
vignoble, on trouve des points de référence fameux, parmi lesquels Ighiu,
Cricău, Şard, Galda, Bucerdea Vinoasă, Sântimbru et Ţelna. Le bruit court
qu’aux noces du roi Matei Corvin on a bu du vin de Ţelna, considéré
supérieur à celui de Tokay. Il paraît que c’est ici, au cœur de la
Transylvanie, que Grasa, qui a fait et fait encore la réputation de
Cotnari, trouve ses origines.
Les variétés prédominantes dans le vignoble d’Alba s’appellent Feteasca
blanche et Feteasca royale, Riesling italien et Pinot gris, Traminer et
Muscat Ottonel. Soit secs ou demi-secs à la douceur parfumée, leur
personnalité est impeccable, avec une noblesse menée jusqu’aux moindres
détails.
Jidvei
Târnavele sont les seules rivières de la Roumanie
qui donnent leur nom à une région viticole de grande renommée. En automne,
les brouillards qui s’élèvent au-dessus de cette contrée sont extrêmement
agaçants. Ce n’est pas le cas pourtant pour les vignobles, puisque les
brouillards persistants favorisent l’accumulation des bouquets et la
conservation de l’acidité dans les raisins. D’ailleurs, cette région
s’appelle aussi « Le vignoble des parfums ».
C’est ici que se trouvent les fameux vignobles de Crăciunelul de Jos et de
Blaj, de Mediaş et de Daneş, de Şona et de Băgaciu, de Bălcaciu et de
Jidvei. Depuis très longtemps, Jidvei a gagné une réputation spéciale,
ses vins de grande marque, surtout les vins secs, entrant toujours dans
les premiers prix des compétitions de spécialité. De véritables
chefs-d’œuvre dans ce domaine sont aussi les vins demi-doux, et la
rencontre, par exemple, avec un vieux Traminer rosé est une fête
inoubliable. Après l’imperceptible tressaillement du bouchon de liège, qui
tout près du goulot de la bouteille, semble se dégourdir, la couleur vieil
or, luisant malicieusement lors de l’ondoiement paresseux du vin dans le
verre, et les parfums de rose présentent un spectacle olfactif et
gustatif qu’on ne voit pas tous les jours. Un vin magnifique!
Il faut savoir encore que, sur une corniche de colline, un vieux château
rectangulaire, construit dans le style de la Renaissance française, avec
ses quatre tours rondes, abrite la « naissance » annuelle de millions de
bouteilles de champagne. Ainsi, la fête ne peut être que complète!
Dobroudja
Il sera toujours tentant d’écrire sur la Dobroudja,
un véritable royaume de la vigne. Bien des vestiges, d’expressions les
plus variées, présentent aux visiteurs une période extrêmement florissante
de la viticulture. C’est ici, entre le Danube et la Mer Noire, avec de
riches cités fondées par les matelots de la Grèce antique, que le culte de
Dionysos a écrit des pages triomphantes. L’antiquité gréco-romaine est
présente dans tous les coins et recoins de cette contrée particulièrement
viticole, d’Oltina, Medgidia et Adamclisi à Babadag ou Niculiţel, dans les
vignobles duquel on a découvert une superbe statuette incarnant Bacchus,
une grappe de raisins à la main.
Murfatlar
La « star » des vignobles de Dobroudja est Murfatlar.
Au beau milieu des vignobles, au « temple de Dionysos », une « armée
entière» de vins est prête à tout moment à faire preuve de ses dons. Leurs
noms sont Pinot gris, Chardonnay, Muscat Ottonel, Traminer, Riesling,
Cabernet Sauvignon, Pinot noir. Une élite de vins blancs et noirs, doux et
parfumés, à la consistance pleine et veloutée, évoquant la flore suave de
Dobroudja, mais aussi le murmure sans repos des vagues de la mer... Les
vins de Murfatlar ont changé, ces derniers temps, leur « aspect »,
acquérant une tenue moderne. C’est ainsi qu’est apparu le carré d’as de la
série Premiat (Primé) - Sauvignon blanc, Dry Riesling, Dry Muscat et Pinot
Grigio. Ce sont des vins blancs et demi-secs, au souple ondoiement et au
bouquet séduisant, prêts à devenir vos compagnons pour de longues heures
de bavardage. Les variétés SEC et Rai de Murfatlar ont également gagné,
une grande popularité. La gamme de vins de cette région ne pouvait
certainement se passer de « La larme d’Ovide », une liqueur parfumée et
fraîche, vouée, paraît-il, à venger, après des millénaires, les tristesses
éprouvées par le grand poète latin Ovide Publius Naso, exilé, vers le
début du 1er millénaire, dans la cité dobroudjane de Tomis.
Les
Musées
Les plus
anciens témoignages de la civilisation roumaine sont liés à la
viticulture. De la serpe dace, utilisée pour les travaux dans les
vignobles, aux cuves en pierre, où l’on pressait les raisins au pied afin
d’obtenir le moût, ou à de nombreux vaisseaux parés d’éléments du monde de
Bacchus, et sans parler des outils, les plus divers, aux plus récents,
voilà un univers qui vous séduit, par exemple, aux musées spécifiques de
Murfatlar, Bucium-Iaşi et Huşi, de Drăgăşani ou de Goleşti-Argeş.
Le Musée de la Vigne et du Vin de Murfatlar date de 1970. Dénichés grâce
aux fouilles archéologiques ou, simplement, par accident, les objets qui y
sont exposés, pour la plupart d’une valeur remarquable, attestent la
pratique de la viticulture dans la région de Dobroudja depuis plus de deux
millénaires et demi. Des amphores helléniques et des vasques de vin, des
pressoirs daces et romains, des autels et stèles funéraires portant des
inscriptions, figures, de grappes de raisins et de feuilles de vigne...
C’est tout cela, le terrible culte de Dionysos. On le retrouve sur une
petite amphore, à coté d’une bacchante, sur des monuments sculpturaux,
dans des cortèges mythiques – sur lesquels il y avait aussi des ménades,
nymphes, satyres, Silen, Pan et Priape -, sur une gourde en argile.
Le Musée de la Vigne et du Vin de Drăgăşani se trouve au beau milieu de
la ville. On y retrouve des témoignages des plus édifiants sur le soin
particulier que les voïvodes valaques prenaient des vignobles et du vin.
La technologie de la vinification est illustrée par un vaste éventail
d’outils, de cuves et pressoirs à une et deux vis, de tonneaux à cercles
de bois. Il y a également, à coté de tant d’autres objets, un fascinant
intérieur de cave.
Situé en plein air près du vignoble Ştefăneşti, le Musée de la viticulture
et de l’arboriculture de Goleşti-Argeş révèle, à part l’ancienneté et la
passion, une exceptionnelle ingéniosité des Roumains dans ce domaine. Le
musée est formé des ménages viticoles et arboricoles, rangés selon les
provinces historiques, des constructions remontant aux XVIII-ème et
XIX-ème siècles, dans l’intérieur desquelles se trouvent des celliers,
caves, tonneaux, seaux, pressoirs, et bien d’autres objets spécifiques au
monde de Bacchus. Il faut absolument voir les pressoirs, les bouteilles,
les gourdes et...l’auberge. Oui, il y a aussi une auberge authentique –
comme tout ce qui s’y trouve exposé -, avec tout ce qu’elle avait jadis à
l’intérieur, y compris l’espace destiné à ceux qui ne tenaient pas compte
du nombre de verres. Il existe encore, sur une muraille, une grande
horloge, dont les aiguilles ont oublié la marque du temps...
Les
caves princières
La cave profonde rend le vin
meilleur... C’est une vérité dont ont tenu compte les voïvodes et les
vignerons à la fois. On en observe les preuves dans l’inestimable „Descriptio
Moldaviae”, où, en se référant au vin de Cotnari, Dimitrie Cantemir
notait: « S’il est gardé dans de profondes caves voûtées, comme c’est la
coutume dans notre pays, et qu’il y soit tenu trois années, dans la
quatrième il acquiert une concentration tellement forte, qu’il brûle tel
le vin bouillant ». Il est vrai, à Cotnari, Ştefan cel Mare a fait ériger
une cave impressionnante. Une autre, pleine de tonneaux, parmi les plus
profondes du pays, se trouve dans le même vignoble, à Cârjoaia. Les caves
de l’Evêché de Huşi sont aussi anciennes, ayant le même « fondateur ».
D’ailleurs, bien des églises et monastères – fondés d’habitude, par des
voïvodes – détiennent d’extraordinaires espaces de cette sorte, soit qu’il
s’agisse de Putna, de Golia et Bârnova, de Cetăţuia ou Galata.
La plupart de ces constructions existent encore en Moldavie. Un circuit
touristique de celles-ci ne peut pas se faire sans la visite de la cave
princière de Piatra Neamţ, des celliers de Panciu, eux aussi attribués à
Ştefan cel Mare, ou de la cave du prince régnant Mihai Sturdza, d’Odobeşti.
Cette dernière, large et solidement construite, remonte – selon
l’inscription qui se trouve au-dessus de l’entrée - à l’an 1839.
Les caves princières de Valea Mare-Argeş ou celles qui se trouvent sous le
Palais de Mogoşoaia sont autant intéressantes et furent construites par
Constantin Brâncoveanu.
Lieux touristiques pour la dégustation des vins
Murfatlar
Les groupes de touristes qui visitent le Littoral de
la Mer Noire – tout comme ceux qui entreprennent une croisière sur le
Danube ou un circuit – ne manquent pas l’occasion de faire la connaissance
des liqueurs de Dobroudja dans leur lieu d’origine. Au beau milieu des
vignobles, offrant la possibilité de découvrir des panoramas envoûtants,
se trouve l’emplacement touristique – le Temple de Dionysos, comme il est
surnommé. Construit sur deux niveaux, le restaurant peut accueillir
simultanément des groupes qui totalisent 160 touristes. La cérémonie
de dégustation des vins du vignoble Murfatlar peut avoir lieu soit dans
l’enceinte de l’Emplacement touristique, soit dans l’une des deux salles
spécialement aménagées tout près du Musée de la Vigne et du Vin. Le menu
inclut des plats traditionnels – crépinette de mouton ou pâté roulé à la
viande de bélier châtré, par exemple -, le programme artistique étant
assuré par l’ensemble folklorique portant le nom du vignoble. Les
visiteurs ont la possibilité d’acheter des bouteilles de crus préférés,
ainsi que divers objets d’artisanat et des souvenirs.
La Cave Urlăţeanu
A Urlaţi, entouré par des vignobles, la Cave
Urlăţeanu - un manoir remontant à la période d’entre les deux guerres –
est une séduisante attraction aussi bien pour les spécialistes que pour
les touristes attirés par le charme du royaume de Bacchus. Il a été
rénové avec beaucoup de raffinement et doté de nombreux objets qui
assurent, par leur authenticité et leur bon goût, un nostalgique style
rétro. La dégustation peut avoir lieu aussi bien dans les celliers, tel un
préambule, que dans les salles de restaurant, sur la terrasse ou dans le
petit parc de loisirs à thème. Cela peut être une simple dégustation, pour
des groupes qui atteignent 50 personnes, mais aussi une dégustation
accompagnée par des plats et par les rythmes discrets d’une musique en
accord.
La Maison Seciu
A 26 Km de Ploieşti, sur la cime d’une colline, au
milieu des vignobles, la Cave de Seciu détient un choix entier d’espaces
destinés à mieux connaître le vin. Il y a une cave de dégustation, une
cave de vinification, une salle à manger pour le gibier et poisson et une
salle classique ou nationale, ainsi que des terrasses couvertes ou
ouvertes. Chaque salle est décorée en accord avec le menu. La cave peut
accueillir dans ses restaurants à peu près 600 touristes. Le complexe
touristique comprend aussi 30 places. Les vins offerts pour la dégustation
sont produits par SC Rovit SA, la compagnie propriétaire de la Maison
Seciu.
Ştefăneşti
Les dégustations de vins pour des groupes d’environ
50 personnes, aussi bien que la visite de la cave où se trouvent des vins
maintenus pour le vieillissement, du Combinat de vinification ou du
vignoble, peuvent avoir lieu aussi à la Station de recherche et de
vinification de Ştefăneşti-Argeş.
Miniş
Une salle de dégustation, et la possibilité de
visiter un intéressant musée viticole, situé dans le même immeuble, sont
offertes par la Station de recherche et de développement vitivinicole de
Miniş. Chaque année, le dernier dimanche de septembre, a lieu aussi une
jolie fête des vendanges.
Jidvei
D’inoubliables dégustations ont lieu dans les Caves
de Cetatea de Baltă et Bălcaciu. Vous pouvez y déguster aussi bien des
vins, que du champagne ( ?!), aux variétés des plus diverses. Ce rituel
inclut également les pas de la célèbre danse des filles de Căpâlna,
village qui se trouve à proximité.
Bucium
Le centre de vinification de Bucium-Iaşi, qui se
trouve dans la célèbre ruelle Plopii fără soţ (référence au poème à titre
homonyme du plus grand poète roumain Mihai Eminescu), comprend aussi un
intéressant musée vitivinicole, et une salle de dégustations, tout comme
un restaurant - Perla Viilor – de cuisine paysanne, qui peut abriter des
dîners avec spectacle folklorique. A près de 200 mètres du Centre de
vinification – qui expose aussi en plein air des œuvres de sculpture en
bois et en pierre - se trouve la fameuse auberge « Trei Sarmale », une
vraie légende des restaurants roumains.
Panciu
Des dégustations autant savoureuses - de vins et de
champagne – ont lieu à SC Veritas Panciu SA. La visite de ce vignoble
prévoit aussi une promenade à travers les vignes, aux célèbres celliers,
où de nombreuses bouteilles de champagne ( ?!) parfont leur goût.
_____________________________________________________________________
PRODUCTION de VIN ROUMANIE - place dans le monde (année 1996)
| |
Wine
production million L |
Share of
world prod. % |
Wine
exports million L |
Exports as proportion % |
|
France |
5,965
|
21.9
|
1,229.0
|
20.1
|
|
Italy |
5,877
|
21.6
|
1,511.5
|
25.7
|
|
Spain |
3,267
|
12.0
|
672.9
|
20.6
|
|
USA |
1,864
|
6.8
|
163.8
|
8.8
|
|
Argentina |
1,268
|
4.6
|
125.4
|
9.9
|
|
South Africa |
1,000
|
3.7
|
99.6
|
10.0
|
|
Portugal |
953
|
3.5
|
200.0
|
21.0
|
|
Germany |
830
|
3.0
|
300.8
|
36.2
|
|
Romania |
766
|
2.8
|
46.7
|
6.1
|
|
Australia |
678
|
2.5
|
147.1
|
21.7
|
|
World total |
27,253
|
100
|
5,738.4
|
n.a.
|
VIN EN EUROPE - EUROPE DES 25 - hors Roumanie

|
______________________________________

Présentation des vins de Roumanie par
l'Office Roumain de tourisme de Belgique:
http://romania.ibelgique.com/vin.htm
| ORGANISMES Roumains
concernant le vin: |
|
National Intreprofessional
Viticultural Organization (ONIV):
www.oniv.ro
National Vineyard
Growers and Wine Producers Association (PNVV):
www.pnvv.ro,
National Office for
Appellations of Origin for Wines and Other Viticultural Products (ONDOV):www.ondov.ro
National Office of Vine and
Wine (ONVV):
www.onvv.ro
Wine Exporters and
Producers Association (APEV):
www.wineromania.com |
liens commerciaux:
http://prahova-wine.ro/default.php
http://www.vinterra.ro/
http://www.jidvei.ro/
http://www.romvinimport.com/en/wine_list.php
http://www.cotnari.ro/
http://www.invino.ca/principl.html

EXPO DRINK BUCAREST:
http://www.expodrink.ro/
http://www.eventseye.com/fairs/trade_fair_event_854.html
|